Sonia, une vie de lutte et de dévouement

Aide-soignante dans un hôpital public des Yvelines, Sonia Hamdouchy dénonçait les conditions de travail des soignants bien avant la crise Covid. Son combat quotidien démontre son attachement à l’hôpital public, pour lequel elle a toujours activement milité. Au lendemain de la mise en place du passe sanitaire et l’obligation vaccinale des soignants, elle a créé le collectif des Blouses Blanches pour les libertés fondamentales.

Les Blouses Blanches pour les libertés fondamentales

Dès le début, Sonia et son collectif ont dénoncé l’obligation vaccinale des soignants et les campagnes de vaccination des enfants. Je me rappelle notre première rencontre au Vaxibus des Mureaux en octobre 2021, quand nous avons manifesté ensemble pour alerter les enfants sur les risques encourus avec la vaccination Covid. Skyrock offrait des goodies et une dédicace aux adolescents en échange de leur consentement pour une injection expérimentale, seulement trois mois après la découverte d’un nouveau cas de cécité sévère post-vaccinale, subi par Yassine, 13 ans, résidant justement aux Mureaux. L’adolescent était devenu aveugle quelques heures après sa vaccination en juillet avec Pfizer. Depuis ce dramatique évènement, Yassine et sa famille sont accompagnés et soutenus par l’association des Blouses Blanches. Au pied du Vaxibus, Sonia donnait déjà de la voix, avec force et détermination, pour dénoncer l’inacceptable.

L’objectif premier de ce collectif était à la fois simple et ambitieux : s’unir pour contester ce projet de loi inique. « Nous pensions qu’en faisant bloc, la loi ne passerait pas ». Sonia marque un temps d’arrêt, elle est visiblement émue en se remémorant ce moment douloureux. « Et c’est passé… Les soignants pleuraient. A l’époque, en septembre 2021, le collectif comptait déjà cent vingt personnes qu’il fallait soutenir, défendre et représenter pour qu’ils ne craquent pas ».

Nous avons été chassés des centres commerciaux, les Restos du cœur et la Croix-Rouge ont refusé de nous aider…

Suite à la promulgation de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire, les professionnels des secteurs médicaux, paramédicaux et d’aide à la personne qui ne souhaitaient pas se faire vacciner contre la covid 19 ont été suspendus de leurs fonctions au 15 septembre 2021.  « Il a fallu organiser des collectes alimentaires, de dons, des accompagnements divers pour les personnes suspendues ou en arrêt avec la menace de suspension. Nous avons été chassés des centres commerciaux, les Restos du cœur et la Croix-Rouge ont refusé de nous aider… ». A l’époque, Sonia était secrétaire adjointe de l’union locale. Non soutenue par son syndicat et par les syndicats en général, son collectif s’est retrouvé privé de local pour réceptionner les dons, l’amenant à aménager une pièce chez elle afin de stocker les produits des collectes. Avec l’aide des Gilets Jaunes, elle a organisé des appels aux dons en extérieur et sur les ronds-points, se relayant jour après jour dans un grand élan de solidarité.  « Nous avons tenu grâce aux dons, grâce à la solidarité. Ils ont essayé de nous isoler mais nous nous sommes unis ».

Sonia personnage central du film Les Enfants de la liberté

Sonia évoque le documentaire Les Enfants de la liberté sorti le 16 mai 2022 au cinéma. Ce film, que j’ai pu voir à sa sortie, retrace le parcours de cette femme courageuse qui s’est opposée à la vaccination obligatoire des soignants et également à celle des enfants. On y découvre les témoignages poignants des familles des enfants victimes des effets secondaires. En dernière partie, il était également question de la jeunesse, de ces jeunes des quartiers populaires laissés à l’abandon et en grande détresse psychologique. Cette cause est chère aux yeux de Sonia, elle prend le temps de nous relater des faits surprenants. Certains de ces jeunes ont été tyrannisés par des amendes majorées et parfois injustifiées de non respect de couvre-feu, de non port du masque, de réunion de plus de six personnes… Cela signifie que des jeunes, pourtant au domicile de leurs parents, ont été sanctionnés par les services de police. Plus largement, Sonia évoque la jeunesse qui est dans une grande détresse psychologique.

La fin de l’obligation vaccinale et la réintégration des personnels suspendus… et après ?

La victoire tant attendue est arrivée le 4 mai 2023 à l’Assemblée Nationale, avec le vote de l’abrogation de l’obligation vaccinale des soignants, défendue en séance par le député de la Guyane, Jean-Victor Castor et portée par l’association Blouses Blanches. Le texte a été adopté et abrogé en première lecture (157 voix pour, 137 contre), grâce au vote des différents groupes d’opposition et contre l’avis du gouvernement. Invitée à assister à la séance parlementaire avec une délégation de personnels suspendus, Sonia se souvient de cet évènement marquant, un moment de joie que n’entachera pas la remarque de Braun : « Les complotistes l’ont emporté sur la science ». Notons que la réintégration actuelle a été réalisée sous décret et que l’association poursuit le combat juridique pour obtenir réparation des préjudices subis ainsi que le paiement rétroactif des salaires.

Nous demandons à Sonia ce que sont devenus les personnes qui ont été suspendues. Entre le 15 septembre 2021 et le 4 mai 2023, presque deux ans se sont écoulés.
« Parmi les suspendus, il y en a qui ont perdu leurs enfants, leurs logements et qui se sont retrouvés à dormir dans leur voiture … Il y en a qui ne sont plus de ce monde. Certains se sont reconvertis ou ont quitté la France. Pour ceux qui sont restés et ont été réintégrés, ils l’ont été dans les services les plus lourds. Il est notable que le personnel non vacciné n’a pas été remplacé et a été désigné comme coupable supplémentaire du déclin des services. Il reste aux soignants pénalisés une longue bataille juridique à mener afin de récupérer les arriérés de salaires… » Pour cela encore la solidarité sera de mise.

Des vies entièrement détruites…

Rendre leur dignité aux soignants

De son point de vue, il n’y aura jamais de retour à la normale. L’association des Blouses Blanches a vraiment besoin de dons et de soutien pour continuer à fonctionner et à défendre les libertés fondamentales. Leurs actions sont aussi bien envers les enfants, les jeunes que les personnes âgées isolées. Elle intervient également en accompagnement à la parentalité, de mères isolées, du handicap, de la santé… Et il y a également le volet judiciaire à poursuivre pour les soignants réintégrés.

De son côté, Sonia a plusieurs projets dont celui de « prendre soin avec le cœur » et de pouvoir « donner un emploi digne aux soignants ». Ainsi, elle a lancé sa société de soins à la personne à domicile : Blouses blanches aux petits soins. Et elle exerce maintenant son activité syndicale sous la bannière des Gilets Jaunes. Nous lui souhaitons une pleine réussite pour ses projets professionnels présents et à venir. Nul doute que nous aurons encore le plaisir de la croiser à nouveau.

Sonia ne lâche rien ! Et nous espérons bien ne rien lâcher non plus.


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